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GEORGES DARIEN ET ÉDOUARD DUBUS
LES VRAIS Sous-Offs
RÉPONSE A M. DESCAVES
Il faut passer par la
mort pour naître à la
gloire.
[Illustration]
PARIS
NOUVELLE LIBRAIRIE PARISIENNE
ALBERT SAVINE, ÉDITEUR
12, RUE DES PYRAMIDES, 12
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AUX SOUS-OFFICIERS
AUX GLORIEUX MUTILÉS
DONT LES MEMBRES
JONCHENT LES PAGES DE NOTRE HISTOIRE:
AUX INVALIDES, A L'ARMÉE, A LA PATRIE
* * * * *
LES VRAIS SOUS-OFFS
A l'heure où l'ennemi nous guette par dessus la frontière; à l'heure où la barbarie teutonne étire ses griffes, encore rouges de sang, vers la civilisation latine; à l'heure où un adversaire brutal médite d'étouffer sous le talon de sa botte notre génie national; à l'heure lugubre où, devant les ambitions affamées du despotisme, va sonner peut-être le tocsin vengeur des dernières libertés, un homme s'est rencontré qui n'a pas craint de lancer la calomnie, comme un bélier destructeur, contre les remparts de la Patrie; qui n'a pas hésité à éclabousser de boue le drapeau tricolore; qui a osé se rire de notre honneur et railler nos espérances:
Il a insulté l'armée française!
Un livre scandaleux a paru, qui a la prétention de faire un tableau fidèle de la vie des sous-officiers. Dans ce livre, il n'est question ni de dévouement, ni de courage, ni de désintéressement, ni de loyauté. On n'y parle que de lâcheté, que de moeurs honteuses, que de concussions. A en croire ce livre, du caporal à l'adjudant, on ne trouve dans les casernes que prévaricateurs, couards, équivoques gredins...
* * * * *
Ce n'est pas la première fois, disons-le, en nous voilant la face, qu'un écrivain sans doute altéré de réclame, a déversé l'immonde injure, l'ignoble outrage, sur les défenseurs de nos foyers. MM. Péladan, Huysmans,-il sent son Prussien, ce nom là-Abel Hermant, Perrin, Octave Mirbeau, Bonnetain, Robert Gaze, ont voulu nous peindre, sous les couleurs les plus odieuses, cette vie d'abnégation, de renoncement et d'héroïsme discret, qui est celle des cadres de notre armée.
L'indifférence avait jusqu'ici fait justice de ces attaques haineuses inspirées par une basse rancune ou une étrange aberration.
Quant aux diffamés, ils avaient su montrer sur le terrain qu'on ne se jouait pas impunément de leur honneur.
Les honnêtes gens pouvaient croire que la leçon avait été comprise et que c'en était fini de cette campagne anti-française.
Ils se trompaient.
Ramassant toutes les infamies tombées au ruisseau, renchérissant sur elles, les aggravant encore, M. Lucien Descaves, puisqu'il faut l'appeler par son nom, est parvenu à forcer l'attention publique, par une accumulation d'outrages encore sans précédent.
* * * * *
Dans
A cet effet, il imagine un régiment, tout de fantaisie-et quelle fantaisie!-un régiment, où les officiers paraissent à peine, où les sous-officiers, déchargés de tout contrôle supérieur, s'abandonnent à des instincts mauvais, qu'aucune autorité, ni morale ni hiérarchique, ne vient refréner.
Il en fait des rustres, des manants, sans éducation, sans instruction, sortis des couches les plus abjectes de la société, apportant au régiment des moeurs de repris de justice, des habitudes de souteneur.
Sans autre souci que celui du bien-être à satisfaire à tout prix, remplaçant le sentiment du devoir à remplir par un appétit effréné de jouissance, ils mettent dans la poche des plus misérables créatures, des doigts crochus qu'ils n'hésitent pas à plonger au besoin dans la caisse du régiment.
Sans cesse occupés à parfumer d'odeurs canailles, dérobées dans des maisons louches, leur peau qu'efféminent chaque jour des contacts dégradants-une peau qu'ils marchandent sans vergogne au Pays en danger-ils endorment un temps volé à l'exercice de leurs fonctions dans la paresse et l'ivrognerie.
Précisons. Étudions le roman de M. Descaves. Portons le scalpel de l'analyse dans cette production monstrueuse.
Ou plutôt; non! Qu'on ne nous accuse point ici de partialité! Refrénons l'indignation qui fait bondir le coeur de tout bon Français à la lecture de ces pages maudites. Laissons la parole aux organes autorisés de l'opinion publique. Quelque doctrine politique qu'ils défendent, à quelque parti qu'ils soient inféodés, ils se sont rencontrés, cette fois, dans un sentiment d'unanime réprobation.
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Monsieur Francisque Sarcey écrivait dans le
«Il a paru un volume de M. Descaves, qui a pour titre
Je n'ai pu en soutenir la lecture jusqu'au bout. Elle est
impatientante et parfois même révoltante.»
Dans la
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